dimanche 2 décembre 2018

Nawak Novembre 2018




Le mois de novembre a été plutôt difficile à pas mal d'égards qui n'avaient rien à voir avec Nawak, beaucoup de soucis, beaucoup de fatigue, une météo exécrable associée au changement d'heure....

Pour ce qui nous concerne ici, certains aspects de notre vie sportive se sont révélés assez décevants, d'autres très enthousiasmants. Petit tour d'horizon.


Dans la catégorie "politesse et bonnes manières"

Deux points ont particulièrement retenu notre attention ce mois-ci.

D'abord, on a beaucoup travaillé la marche en laisse, prenant l'opportunité de nos très nombreuses sorties en ville, et aussi du stage de flyball. Mais nous avons aussi travaillé en balade "sauvage", le contexte le plus compliqué pour Nawak, particulièrement si Mugen est en liberté et pas elle.
Petit rappel d'un précédent billet : quand Nawak avait 9 ou 10 mois, elle a un jour découvert que la laisse était une entrave à sa liberté au même titre que la cage, et elle a commencé à tirer. Mais genre : VRAIMENT. A tirer comme un mini-tracteur, en oubliant toute civilité, en s'étranglant de fureur et en refusant de se laisser appater, même par du fromage. Dans la foulée, elle a découvert que les laisses, ça se coupe très facilement, et qu'on pouvait même tenter de choper le plastron du harnais, des fois que. Je n'ai pas travaillé ça à fond immédiatement, j'ai un peu géré pendant quelques temps, histoire de mettre le comportement sur commande (donc sous contrôle) et de ne pas le perdre. Je parle de la traction, dont je voulais me servir pour le canicross éventuellement un jour... parce que le saccage des laisses, hein, on est d'accord que ça n'intéresse personne, ça n'a pas été érigé en sport canin officiel pour l'instant, d'ailleurs, on se demande bien pourquoi.

Donc ben, on y est : plus de laisse coupée depuis maintenant deux mois, et une petite chienne qui propose spontanément de se mettre à ma hauteur en me regardant, ou au moins de se rapprocher de moi, quand elle sent que la laisse va se tendre. Bien joué, MiniWak.

Deuxième point : les attentes en groupe pour accéder au jardin. Le moment où je rentre à la maison et où je lâche les chiens dehors pour qu'ils pissent/courent/se poursuivent en grognant furieusement/me repeignent de boue de la tête au pied, est toujours assez haut en couleurs et riche en émotion. C'est pourquoi j'aime procéder en plusieurs temps lorsque j'ai un jeune chien en cours d'éducation, juste histoire que ça ne vire pas (trop) à la foire d'empoigne voire à l'hystérie collective. Donc jusqu'à présent, je les faisais attendre dans différentes pièces, et je libérais un chien à la fois à intervalle de quelques minutes jusqu'à avoir tout le monde, vessie vide et presque pas hystérique, dehors avec moi.

Maintenant :


Oui, je sais, je dis "tu attends", c'est donc du travail un peu sale, et le frisson de la honte me saisit, tandis que j'insère cette pernicieuse vidéo dans mon article. Eh oui, je suis comme ça : une véritable jean-foutre qui se vautre avec délectation dans la fange de l'à-peu-près.


Dans la catégorie "dog dance"

Ah, la grande déception de ce mois de novembre ! Le projet était de nous inscrire à notre premier concours qui devait avoir lieu... aujourd'hui même ! Les inscriptions étaient ouvertes et j'aurais dû me dépêcher d'agir, mais rien n'était prêt, je n'étais pas sûre... J'ai décidé de voir ce que j'avais sous le coude avant, par prudence.

Avec Guillaume, Wak Wak et Fast, on a fait des test, on a écouté, choisi, découpé de la musique, on a expérimenté des dizaines de mouvements et de rythmes, on a battu la mesure, pris des notes, scénarisé, monté une chorégraphie, imaginé une tenue de scène et fait la liste des points à travailler. Quand on a eu terminé de faire tout ça, les inscriptions s'étaient remplies, et il n'y avait plus de place pour nous...

Mais nous avons désormais une petite choré toute prête, toute chaude, sur laquelle nous travaillons régulièrement, et nous avons aussi les calendriers des régionales :)

Alors rendez-vous en 2019 pour nos tout premiers pas de danse ensemble...


Dans la catégorie "flyball"


Nous avons participé à notre premier stage de flyball avec notre monitrice Sophie, et ça a été un week-end super ! C'était un peu l'aventure pour nous, mais Nawak n'a pas démérité : parfaite en caisse dans la voiture, parfaite à l'hôtel, parfaite pendant les détentes, parfaite en ville, parfaite sur le terrain ! Ma toute petite appliquée, avec moi, à fond sur sa balle, pas inquiète pour un sou à aucun moment, et tout à fait à l'aise sur un terrain inconnu et de nouveaux pans inclinés.

De mon côté, j'ai apprécié d'avoir une documentation hyper complète et exhaustive de chaque étape de l'apprentissage. Cela affine ma vision du process, ça motive aussi, ça donne plein d'idées de jeux et d'exercices ! Aussi, j'ai pris beaucoup de plaisir à rencontrer d'autres pratiquants de la discipline, et c'était intéressant et formateur d'avoir leur "oeil" sur ma chienne. Quelques jours plus tard, j'ai été contactée par une monitrice de flyball d'un autre club (qui n'avait pas participé au stage) : elle avait vu Nawak en vidéo et souhaitait des renseignements sur elle. De nouveaux liens se tissent en ce moment, et je suis vraiment surprise de l'enthousiasme suscitée par ma petite chienne, vu nos débuts assez improbables dans la discipline. Affaire à suivre !


Dans la catégorie fitness

J'ai découvert le fitness canin pendant un séminaire d'agility le mois dernier. J'avais déjà quelques notions de "préparation au sport" pour chien, la majorité des tricks appris par Nawak et que vous avez pu suivre au fil des mois ayant pour objectif de lui faire acquérir certaines capacités de proprioception, d'équilibre, de confiance en soi...nécessaires à un futur sportif.  Là, j'ai envie de pousser les choses plus loin et de nous investir dans une vraie prépa physique pour elle, au même titre que la mienne (sans être une grande sportive, je pratique 5 fois par semaine entre cardio, renforcement musculaire et stretch... et pour rappel, j'ai commencé pour aider Fast en agility, à l'origine).

Donc actuellement, on attend qu'une place se libère dans un cours de fitness canin. D'ici là, j'ai démarré de mon côté avec une base incontournable : un debout statique et solide. Les objectifs sont la symétrie et l'immobilité la meilleure possible, sans reports de poids, même. Là, on n'en est qu'au début, on fait des expériences.






Voilà deux approches différentes : avec la première, en shaping quasi libre, j'ai du mal à avoir de la fixité, mais je peux sélectionner une posture plus naturelle.
Avec la deuxième, beaucoup plus dirigée, j'ai une bonne fixité facilement (c'était sa première séance sous cette modalité, donc c'est vous dire comme c'est simple en procédant comme ça) ; en revanche, la posture est bien moins naturelle, elle a les pattes hyper écartées. 

On continue de travailler en alternant ces deux types de séances, mais je pense que nous aurons prochainement un bon debout bien stable.


Dans la catégorie "agility"


Hum, je vais être honnête, je suis un peu fâchée avec l'agility actuellement. Le temps dégueulasse ne s'y prête pas bien, et puis, dernièrement, j'ai commencé à avoir parfois peur en agility. Peur qu'elle se fasse mal, peur de ma médiocrité, peur de ce milieu pas toujours bienveillant ni accueillant. Enfin, on a bon an mal an réussi quelques avancées.

La classe de running contact de Silvia est terminée, j'avais commencé à transférer notre travail sur la passerelle. Ici ça doit être notre première séance.




Depuis le passage sur la passerelle, je n'ai plus que des sentiments négatifs sur cet entrainement, que j'avais adoré jusque-là : déjà, on n'a presque rien pu faire car il a plu presque sans discontinuer, ensuite, j'ai peur que Nawak se fasse mal ... Bref, pas le gros kif.

Donc là, j'ai décidé de faire unqiuement du backchaining très très progressivement jusqu'à ce qu'on soit toutes les deux vraiment bien confiantes... ou jusqu'à ce que je décide que j'en ai marre. La classe reprend mi-janvier je crois, j'ai le temps de réfléchir si je nous réinscris ou pas.

Avec Planète Agility, voilà ce qu'on a fait :

On a bossé droite et gauche (aussi bien utile pour le HTM) :


On a investi dans une treat and train qu'on a présentée à Nawak :



On a travaillé la conduite à plat. Je n'ai pas de vidéo de ça, mais c'était intéressant. Nawak répond bien à mes changements de main et n'a aucun mal à travailler avec de la distance, d'envoi à envoi, j'ai envie de dire. Quand il y a des points de focalisation extérieurs à moi (obstacle, treat and train, jouet statique), je n'ai pas de souci : elle a déjà fait des petits ateliers, elle comprend bien l'idée de "va passer ton obstacle, je t'envoie ensuite sur le suivant" et ainsi de suite. En revanche, la garder "à la main" plusieurs secondes d'affilée s'est avéré impossible, à ma grande surprise... Elle veut bien rester concentrée sur moi quand je marche, c'est de la marche au pied, elle est même super forte là-dedans, mais dès que je cours, elle part loin chercher des obstacles ou des objets (cet arbre ? ce sac à tunnel ?) et ne reste pas vers moi. Petite, j'avais déjà le problème sur les envois, au début, où elle ne revenait pas vers moi facilement mais se dirigeait vers tous les objets accessibles, entre chaque répétition. Nous avons travaillé et réglé le problème, mais jamais jusqu'à présent nous n'avions travaillé la proximité "longue durée" avec un conducteur qui court vraiment. Y a plus qu'à... ou pas ? je manque cruellement de motivation actuellement... d'autant plus que je l'ai faite tomber sur l'épaule en faisant un pivot lors de cet entrainement, et que ça me donne le sentiment que je suis trop mauvaise conductrice et que je la mets en danger.

Nous avons aussi commencé à monter les barres. J'ai juste cette petite vidéo qui date un peu :


Ensuite, on a progressivement ajouté de la distance. Puis une autre haie, pour travailler en 8, donc avec distance et vitesse. Je vous mets un exemple de figure 8 trèèèès ancien, je crois que c'était sa première figure 8, à l'époque où elle était un tout petit bout.



C'est beaucoup plus difficile désormais, ça lui coute énormément de négocier ses virages, de freiner avant... donc il arrive souvent au début qu'elle tourne hyper large. Mais là, je suis contente de ce qu'elle fait, et je pense donc pouvoir de nouveau ajouter de la hauteur...sans distance ni vitesse au départ, évidemment.


Voilà, c'est à peu près tout ce que nous avons pu faire. Le temps est horrible, je suis fatiguée, je doute de mes capacités à la garder en sécurité sur de l'agility, entre les glissades et les chutes sur les épaules... Malgré tout, je nous ai concocté un petit plan d'entraînement 100% conduite sur haies et tunnels, parce qu'on adore ça, qu'on a une super connexion sur ces exercices. Qu'on a envie de ça en ce moment, et que ça ne peut nous faire que du bien. Mais seulement si le temps nous le permet...

Je me dis aussi qu'avec la pratique du fitness, elle peut gagner en maitrise de son corps, et moi en confiance ?

Bref, rendez-vous dans un mois pour assister, je l'espère, à nos premiers pas en fitness, découvrir si on a pu continuer de monter les barres, poursuivre nos efforts pour être le parfait ptit chien poli qui fait craquer les grands-mères...

... et savoir si, oui ou non, l'agility vaut le coup.



lundi 26 novembre 2018

Prince Papaya Big Bang dit Paï-Paï




Parti à la dérive si tranquillement que c'est imperceptible.

La corde a glissé sous la surface silencieuse. Hors d'atteinte.

On s'éloigne du rivage tout doucement, paisiblement, au fil des flots, sans un bruit.

Etendu sur le dos au fond du canot, on sourit aux étoiles qui trouent le ciel noir.

Bien sûrs, toi et moi, qu'on ne reviendra pas.

dimanche 11 novembre 2018

RC : L'Odysseille



Depuis mon dernier article, Nawak a eu un an, son CAESC, une remarquable progression dans divers domaines, elle a fait une quantité de trucs mignons, de trous dans le jardin, et s'est avérée une exceptionnelle partenaire pour ma reprise sportive. De mon côté, je me suis aperçue que je devais changer un peu la façon dont je raconte ici ses exploits en sports canins. Je vais donc passer à un type d'articles un petit peu différents, sur un rythme de publication mensuel, toujours.

Avant ça, et histoire de faire la transition après 2 mois sans nouvelles, je vous propose une petite revue 100% running contacts. Un petit tour d'horizon de ce qu'on a fait là-dessus en septembre/octobre.

Pour le début de familiarisation avec le tapis, je vous renvoie à l'article des 11 mois.

Les tricks qui aident le mieux pour l'apprentissage du RC  : les différents type de cavalettis, le recul sur tous types de terrains et de dénivelés (y compris des planches étroites inclinées, bien sûr), le levé de pattes arrières en isolation (apprendre au chien à lever une seule de ses pattes arrières - à pratiquer des 2 côtés), le pivot sur les pattes avant et ses dérivés (marche au pied et slalom en marche arrière). Ca fait pas rêver, je sais. Mais réellement, ça représente une énorme part du boulot. Un chien qui arrive avec déjà tous ces prérequis, c'est tellement plus facile qu'il n'y a aucune comparaison possible. D'ailleurs, la classe en ligne était remarquablement instructive à ce niveau-là : rien qu'en voyant la rapidité d'apprentissage et la précision dans l'exécution, on peut deviner sans se tromper si le chien bosse les tricks à côté ou pas, c'est assez dingue.

On a déjà parlé du bend work, je n'y reviens pas.

Après, on a commencé à apprendre à Nawak à courir sur le tapis en ligne droite, ce qui deviendra plus tard : des sorties de passerelle en ligne droite. Il a fallu s'équiper d'une saloperie de tapis qui fait ding dong quand on passe dessus, et bricoler un sophistiqué et complexe système pour éviter qu'elle ne se tue en s'en servant comme planche de surf, car non contente d'être bruyante et agaçante au plus haut point, cette espèce de merdasse de tapis glisse encore plus facilement que Papa dans Maman.











Vous remarquez l'habile plan d'entraînement consistant à ajouter la vitesse et les difficultés de façon graduelle. Notez également le dévouement de l'assistant et la qualité de sa tessiture lorsqu'il hurle "JACKPOT", créant un climat euphorique et chaleureux propice à la réussite !

Je n'ai pas de film du travail de longue haleine mené pour inciter Nawak à : 
- s'éloigner de mes jambes de plus de 2 mètres
- courir un petit peu
- courir un petit peu plus
- courir encore un tout petit peu
- trouver que courir est assez drôle
- réclamer à courir
- faire la gueule quand elle ne peut pas courir
- hurler à la mort et déchiqueter sa laisse quand elle ne peut pas courir.

Faut dire, vu que ça n'a pris que 6 mois,  j'ai été prise au dépourvu, forcément. Elle apprend tellement vite, cette MiniWak.

Globalement, pour cet apprentissage, j'ai beaucoup utilisé
- Mugen : parce que c'est la meilleure, et que j'avais pas bien le choix de toutes façons, vu que Nawak a eu peur de tout autre chien pendant un bout de temps.
- les balles : l'enfance de l'art. Il a suffi de 2 mois de shaping quotidien pour qu'elle accepte éventuellement parfois dans certains contextes de jouer à la balle ailleurs que dans le jardin. (non mais allez, sérieusement, une fois qu'elle a été déclenchée là-dessus, les balles ont carrément aidé).
- les tics quand j'ai pu l'envoyer d'un peu loin et me barrer dans l'autre sens pendant qu'elle tiquait. Elle était vraiment fan de jouer au gendarme et au voleur avec moi, surtout la partie de l'arrestation où elle bondit pour se pendre au T Shirt du voleur de tout son poids.
- un jouet en peau de lapin (beuhah, oui, je sais, beuhah) au bout d'une ficelle, qu'elle pourchasse avec énergie pendant que je m'entortille les jambes dans la ficelle en pleine course-poursuite.

Du coup, c'est cool, elle sait à peu près courir, et j'en profite vachement maintenant que je suis rentrée de la clinique de repos et que je me suis rachetée une garde-robe.


Mais revenons à notre apprentissage du running contact.

Nawak savait déjà faire des demi tours et des lignes droites sur le tapis. Il nous fallait ajouter les virages, à des angles variés.










Nous avons sué sang et eau pour ajouter mon mouvement qui la distrayait trop, de la distance parce que ça l'excitait, et nous avons dû carrément enlever la balle du tableau, sans quoi la situation devenait incontrôlable. Mais nous avons "succédé éventuellement" comme on dit dans les classes en ligne en anglais, notre prof confirmant que "ça semblait génial à ses yeux actuellement". Notez le fidèle assistant, toujours, qui ponctue les séances de tonitruants "JACKPOT !" et même parfois d'un fiévreux "DONNE TOUT" quand vraiment c'est tellement bien qu'il se laisse emporter par la liesse.


Et puis, là, le drame : la prof me dit "super compréhension, super style, prépare la planche".

... KEUAAAAH ? Ah nan mais attendez, mais en fait va falloir monter sur des planches et tout ? Mais nan mais nous on venait apprendre le running contact hein, pas faire des trucs dangereux et bizarres impliquant des planches ? ...

... et là, ça s'est corsé. Vraiment. Là, on est entrées dans le vif du sujet, dans le technique, dans le difficile, dans la peur, le doute, la fatigue et les crampes.

Il a fallu ramener 2 planches de 4 m de long chez nous, les scier, les poncer, les traiter, les sabler et les peindre. Ensuite, il a encore fallu trouver un système d'assemblage simple et pas dangereux, et puis trouver comment les installer et les caler dans ce minuscule champ de bosses qu'on appelle pompeusement "notre jardin". C'est là qu'on sait. Si on est un vrai agilitiste ou pas. Si on a le mental et les nerfs. J'aurais pu craquer plus d'une fois. Heureusement, j'ai pu compter sur le fidèle beau-frère puis sur le fidèle assistant sus-mentionné pour m'assister dans l'épreuve.
Merci, les gars, merci. 

Ceci fait, j'ai pu m'accorder un petit break salutaire. J'avais besoin de légèreté, de facilité. Alors je me suis contentée d'apprendre à Nawak à "faire sa zone" comme on dit, au bout des planches. D'abord avec une seule :





Alors, là, réellement, c'était tellement facile que ça m'a fait flipper. Notamment parce que c'est le moment où on a perdu la moitié de la classe. On avait un chien sur deux qui n'y comprenait plus rien une fois que le tapis était sur la planche, et on se disait des trucs comme "don't give up, you can do it" et qu'on se serrerait toujours les coudes et qu'on y arriverait ensemble. De notre côté, avec Nawak, on est passées à trav', et on a pu installer la 2eme planche presque tout de suite.












Et bon, ça a été bien, tout pareil, sauf quand j'ai tenté de faire des approches hyper courtes, parce que là, sur 2 planches, ça ne lui permettait pas d'atteindre une vitesse suffisante pour marquer la zone en extension ; ça nécessiterait des schémas de physique mécanique et d'algèbre de vous expliquer pourquoi, donc je ne le ferai pas. C'est bien trop chiant. J'ai juste zappé cet exo, une fois qu'elle a eu compris comment bien prendre l'entrée, vu que, de toutes façons, sur 3 planches elle a assez de place pour atteindre sa vitesse de croisière et des foulées de longueur décente, au moment où elle doit marquer la zone.


Et puis, là, est arrivé le moment terrible, le moment à la fois tant attendu et tant redouté, où Silvia a dit : "Super ! Moment de l'essayer sur une vraie passerelle !".

Mais ça, vous le verrez le 1er décembre. Quand je vous raconterai tout ce qu'on a fait au mois de novembre. Je vous laisse avec 2 teasings.

Number 1 : on va participer à notre premier stage de flyball en région parisienne, avec notre merveilleuse monitrice, et ça promet d'etre génial.

Number 2 : comme je le disais en ouverture, je vais désormais montrer tout un tas d'autres trucs, des trucs comme ça, par exemple, parce que nous participons très bientôt à notre 1er concours de dog dance :



Ah oui, parce que (et ça je ne l'ai pas dit) : elle a eu son CAESC avec 229/230 pts, elle a perdu un point parce qu'elle trouvait beaucoup plus sympa de continuer à marcher au pied avec moi plutot que de faire la fête à la dame au point du parcours prévu à cet effet. Logique. Je me tâte à lui apprendre à faire la fête à des inconnus sur commande. Cette chienne est bien trop contente de marcher au pied. C'est louche.



Toutefois, le jury l'a qualifiée de chienne extraordinaire et je suis bien de leur avis. On se revoit début décembre pour la suite extraordinaires des aventures extraordinaires de l'extarordinaire MiniWak.


samedi 1 septembre 2018

Nawak, 11 mois.





Voilà voilà. Non mais elle me domine complètement, hein, je sais. Elle attend l'instant propice pour m'égorger pendant mon sommeil, et elle s'entraîne pour être prête le moment venu. C'est pas de ma faute, c'est une croisée Fox Terrier. Faut de la poigne avec ces chiens-là. Sont féroces et indociles. Et moi, j'ai pas de poigne. Je la laisse monter sur le canapé et je l'encourage à mordre. Tout ça finira très, très mal.

Pour l'instant, on profite. Le mois qui vient de s'écouler a été super chargé niveau cours en ligne, puisque nous avions 2 classes en même temps : la fin de la classe chiots et le début de la classe de running. Je vous propose un petit survol de tout ça.

Côté classe chiot, on a couvert les leçons 5 et 6. Je ne vais pas mettre trop de vidéos individuelles de chaque trick, ils apparaissent presque tous dans notre vidéo de graduation.

Leçon 5, nous avions 2 tricks obligatoires : enrouler un objet et marcher au pied. Je n'ai pas entraîné ça, on le pratique au quotidien, de toutes façons.

1) La marche au pied, je l'utilise en balade pour toutes sortes de distractions, je l'utilise aussi pour la positionner en absence quand j'en ai besoin. Je demande un assis ou un couché depuis la position de marche au pied (à ma droite, ou à ma gauche, ou entre mes jambes) : ça permet d'avoir une orientation parfaitement précise, et également de donner une énorme valeur positive à l'exercice d'absence. C'est un exercice qui pue bien du cul en tant que tel, il faut être honnête, et le mixer à de la marche au pied aide à faire passer la pilule.

2) Et le fait d'enrouler un objet est une base présente dans quasi tous nos entraînements d'agility : on bosse beaucoup le tapis en dynamique, et puis on fait aussi quelques ateliers sur haies et tunnels... l'envoyer enrouler quelque chose me permet d'aller me placer pendant ce temps, et de lui donner des départs plus rapides sans trop avoir à augmenter les distances (super pratique pour le tapis, ça).

Du coup, on ne s'est pas trop étendues, et on est passées aux exercices facultatifs.

3) Le slalom en marche arrière, un trick qui semble complexe, mais finalement très facile, dérivé de la marche au pied. Ce trick m'a en plus fait gagner les positions 4 et 8 de HTM, qui ne sont pas les plus évidentes à bosser ! Ca c'est de la rentabilité maximum pour un investissement minimum !

4) Ensuite il y avait le skateboard. Nawak en avait déjà fait, quand elle était bébé. Elle l'a retrouvé avec plaisir.

5) Puis, nous devions travailler à effacer les aides et les supports pour les side legs (et aussi pour le handstand, que je n'ai pas adressé du tout par choix personnel, j'explique plus bas pourquoi). Je n'ai pas eu le temps de complètement finaliser ce travail ! Voici où nous en sommes, à peu près, encore un peu d'aide pour la patte arrière :



6) Enfin, nous étions encouragés à pousser plus loin le travail déjà engagé sur le rappel, le jeu, l'absence, le 4in (les 4 pattes dans un contenant), le "recule", et le fait de tenir un objet ("hug"). Nous avons bien bossé sur tous ces items, je suis vraiment fière du niveau atteint par Nawak !


Ensuite, la leçon 6, la toute dernière - déjà !

Pas mal de tricks obligatoires cette fois... bien que la plupart relativement simples.

1) D'abord : faire rouler une balle sous les pattes avant. Nous nous sommes purement éclatées avec celui-là. Nawak peut le décliner en une infinité de variantes, dont certaines bien dangereuses, j'ai donc dû cadrer un peu les choses. On le pratique du coup essentiellement entre mes jambes : ça permet d'éviter d'avoir trop de tentatives de pivots de sa part (elle veut vraiment, vraiment se mettre au pied dès qu'elle a les pattes avant sur un truc)... Ca évite surtout le très dangereux 2on2off auquel elle s'obstine x-)  (purée heureusement qu'elle a un dos en béton). La marche avant sur ballon commence à avoir de la gueule, et la marche arrière promet d'être sympa aussi :)

2)  Deuxième batterie de tricks obligatoires : les déclinaisons de sit up. Donc : enchaîner sans transition sit up/couché/sit up/couché ; et enchaîner sit up/stand up/sit up/stand up.
Alors, là, je vais être honnête : j'ai fait l'impasse totale. Je n'aime pas les exercices qui nécessitent une station verticale. Je souhaitais que Nawak ait d'abord une maîtrise absolument parfaite du sit up, et une musculature et un équilibre parfaits, avant de faire quoi que ce soit d'autre.  Je me suis bornée à perfectionner son sit up, à raison d'une poignée de secondes d'affilée, pas davantage et pas tous les jours.

3) Troisième batterie de tricks obligatoires : le slalom entre les jambes en marche avant et les spins (le chien tourne sur lui-même à droite ou à gauche). Nawak savait déjà le faire. La pauvre a bouffé pas mal de spins ces derniers temps, parce que c'est aussi un trick au programme de la classe de running. Elle commence à avoir de moins en moins besoin d'aide gestuelle et à vraiment  écouter les commandes de direction (le travail du running aide bien aussi) ; je suis contente parce que tout ce qui est commande vocale est très difficile pour elle. Autant elle peut déduire des commandes hyper précises de gestes minimes, ou de situations, ou d'objets, avec beaucoup de finesse, autant elle a du mal à écouter des mots.

Deux travaux facultatifs cette fois : 4) ajouter de la durée et de la distraction à la marche au pied (ça c'est travaillé au quotidien en balade en ville, à la campagne, au club) ; 5) et l'évolution très spectaculaire du "hug", à savoir le chien qui ramasse l'objet par terre et se le cale tout seul entre les pattes pour le tenir. Nous n'avons pas eu le temps de le travailler, celui-ci.


Dernier horrible devoir : la vidéo de graduation, un véritable pensum. Je l'ai quand même fait parce que je voulais remercier des personnes, et aussi pour me garder un petit souvenir de tout ça. Mais PLUS JAMAIS je ne referai un montage vidéo. C'est bien trop chiant, je suis bien trop pas douée, et ça ne m'intéresse bien trop pas.

La voici, elle est moche en termes esthétiques, mais moi, elle me rappellera beaucoup de belles choses :



Si vous l'aimez bien et que vous avez un compte FB, vous pouvez aller voter sur cette page en likant la vidéo :
Lolabuland graduation page

Je ne pense pas gagner (il y a vraiment des superbes vidéos !) mais bon, ça me fait tellement plaisir qu'on "like" mon petit têtard ;-)


Voilà pour la partie "puppy tricks"... mais nous avons maintenant un autre héééééénaaaaaaurme projet sur le feu : apprendre les running contacts.

Alors déjà, bonne nouvelle : mon ressenti est bien meilleur qu'il y a un mois. Plein de copines de la puppy class se sont inscrites aussi, et je me suis aperçue que certaines équipes hyper intimidantes pouvaient aussi galérer comme pas possible... On a beau être un top conducteur avec un Border ultra rapide et motivé... quand on a du mal à construire un apprentissage et à clarifier les critères, que le chien n'est pas vraiment au courant qu'il a des pattes arrières et ne comprend pas bien le shaping... ça peut être coton.

Nous on n'est pas impressionnantes, mais on veut se marrer tout en produisant un travail propre et adapté à notre niveau. Pour le moment, ça fonctionne, ce n'est pas évident, mais je m'accroche de toutes mes forces.

On a assez rapidement maîtrisé  la leçon 1, que voici :

Trick : apprendre droite et gauche en utilisant les spins.


Etape 1 : le bend work.


Cette vidéo, la toute première que nous avons postée, qui pour moi était d'un pathétique total, a directement intégré le corps de cours comme un exemple à suivre (c'est pour ça qu'elle a fait autant de vues, pas pour mes jambes de déesse). Un bon bend work, quoi. Au début, j'ai été violemment choquée, moi qui recherchais plutôt un anonymat douillet au milieu de tous ces géants de l'agility. Mais tant pis, c'est pas grave. Et puis elle est représentative de cet esprit dont je parlais : un travail propre et clair, adapté aux besoins de ma chienne... je ne suis pas celle qui fera rêver (coucou les adeptes de paillettes et d'étoiles ! vous vous êtes visiblement trompés de blog), mais je ferai toujours plaisir à ma WakWak :)

Bon, ensuite, le bend work se décline à l'infini, avec des wraps, des jouets, des trucs comme ça.

Etape 2 : les demi tours



Etape 3 : on ajoute un jouet



Et ensuite, on est passées à la leçon 2.

Tricks : pivot et cavalettis avant (l'arrière, c'était juste histoire de rigoler) :


Straight exits :


Et enfin les soft turns (les virages en sortie de zone, quoi), dont je vous parlerai la prochaine fois, car on est méga à la bourre pour aller les entrainer !

Portez-vous bien et à dans un mois, pour l'anniversaire de la meilleure des MiniWak !

samedi 4 août 2018

Trois




Ils étaient trois petits chats ce matin.

Ils avaient froid, ils avaient faim.

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Ils ne pesaient rien au creux de ma paume lorsque j'ai vérifié qu'ils ne battaient plus. Je vérifie toujours mais ça ne sert à rien. Déchets médicaux. Ca ne bouge jamais, les déchets médicaux. Ce sont mes mains qui tremblent, c'est tout.

J'effleure du pouce les fentes des yeux, les oreilles coquillages, qui ne s'ouvriront jamais, avant de refermer le sac bleu pétrole. Déchets.






Ce soir nous étions trois presque-soeurs, trois jeunes coeurs en quête de fraîcheur.

Nous avons suivi la sente à l'unisson, et nos yeux se trouvaient sans se chercher dans les trouées frémissantes sous bois. Nous avons senti le souffle du vent et humé les chemins dessinés dans le ciel par les arbres.

Nous avons plongé et nagé, aussi fortes que joyeuses. Fuselées, muscles bandés. En silence nous nous sommes souri et juré fidélité.





Telle est ma vie.

Les coquillages brisés avant leur éclosion, et l'envol des louves sur un lac alangui.

Les chocs électriques et la musique du vent dans les feuilles.

Les cages et l'espace infini.

L'horreur et la féerie.

Déchets médicaux. Lumineux crépuscules.



mercredi 1 août 2018

Avoir de la chance



J'ai de la chance, parce que.

J'ai un corps qui fonctionne super bien, un parfait moyen de transport dans ce monde. Depuis lundi, je me suis mise au défi de faire une séance de sport chaque jour, pour compenser l'arrêt de la course à pied. Et je suis forte, musclée et heureuse de l'être. Je peux voir, entendre, sentir, marcher, manger.

Je vis avec un être humain génial qui me permet d'être qui je suis. Il fait toujours les blagues les plus inattendues et il sait imiter à peu près tout le monde, j'ai de fous rires tous les jours avec lui. Et en plus, c'est un sage. Il sait toujours comment penser et comment faire pour se sentir mieux.

Je connais d'autres êtres humains qui m'aiment. Il y en a au moins trois, peut-être même plus, si ça se trouve. Grâce à eux, je me dis souvent que j'améliore le monde au lieu de le détériorer. C'est déjà un début d'explication à ma présence ici.

J'aime bien mon travail. J'aime bien les personnes que je vois au travail. Elles sont toujours de mon côté. Elles me rendent de grands services. Elles ont décidé que j'avais plus de qualités que de défauts.

Ma maison est pleine de vieux animaux, mais on ne dirait pas. Ils sont tous heureux. Ils me le disent tous les jours. Pour le moment, je peux encore prendre la patte de Fast et la poser sur mon genou. Je peux toucher les coussinets tout calleux, et enfoncer mes mains si profonds dans son pelage qu'on ne les voit plus.

Mes chats sont si gentils qu'ils acceptent tout de nous, les pires affronts, et qu'ils sont sympas et câlins même chez le vétérinaire. En ce moment, je les emmène vacciner un par un. J'ai un chat de moi, avec moi, à mon travail, chaque jour de la semaine.

Nawak n'est pas morte en juin. Elle est active, éveillée et intrépide, elle veut tout apprendre et tout comprendre. Moi, j'essaie de l'apprendre et de la comprendre. Je veux connaître la suite. Je veux voir ce qu'elle parviendra à faire de moi, si je suis à la hauteur de cette meilleure version de moi-même qu'elle mérite.

Voilà pourquoi j'ai de la chance en ce moment. Evidemment, j'ai de la chance tout le temps. Mais les raisons varient.

"C'est une incroyable chance d'avoir quelquefois le temps de vivre, le temps de la conscience, de pouvoir s'arrêter quelquefois, reprendre souffle et lever la tête pour contempler l'étonnant paysage autour de soi, y reconnaître sa place et se perdre en lui". (Jean Guéhenno)






jeudi 26 juillet 2018

Nawak, dix mois



Dix mois déjà mon bébé chien !

Et j'appréhende un peu de me lancer dans la description du mois qui vient de s'écouler, tellement j'ai peur que ce soit long ! Il y a eu tellement de découvertes, tellement de changements !

Alors : commençons par satisfaire les Cassandre. Il y a eu un genre de "crise". Le réveil du Terribeul Terrier ? ... Je n'irai pas jusque-là. Et, franchement, je suis bien embêtée pour expliquer exactement ce qui s'est passé, et ce qui se passe encore en fait, mais... tentons une description factuelle.

Quasiment du jour au lendemain, vraiment, sans exagérer, nous avons assisté à une métamorphose, ou peut-être est-ce une éclosion ? Toujours est-il que Nawak a brutalement changé, son niveau d'énergie au quotidien a augmenté drastiquement. Dans certains domaines, c'était du pain béni : la progression dans le domaine jeu/course/poursuite/drive a été spectaculaire. Sous d'autres aspects, j'ai été un peu déconcertée : premières destructions dans la maison (rien de dramatique, rassurez-vous), premiers "refus d'obtempérer" avec une petit loute qui s'est découvert une passion pour la traction en laisse au point de refuser de manger pour pouvoir continuer à tirer, premières difficultés à occulter les distractions, premiers rappels foireux...

Bon, je me suis un peu demandée qui m'avait subtilisé mon petit chiot tout mignon pour le remplacer par ce petit démon... et puis, j'ai juste pris acte des nouveaux paramètres, et j'ai travaillé à partir de ça. Se crisper sur des exigences à base de "elle en est capable, puisqu'elle le faisait hier", et du coup entrer en conflit, même gentiment, avec elle, était tout à fait exclu : ce n'est souhaitable avec aucun chien ; mais avec une Nawak, qui ne tolère pas la contrainte et tout ce qui peut lui apparaître comme contrevenant à sa liberté de choix, j'ai senti que ça pourrait vite tourner au désastre et à la rupture complète de coopération.

Donc, j'ai simplement fait comme avec un chien que je viendrais de rencontrer : j'ai récompensé les propositions d'attention et les propositions de rappel en balade ; j'ai travaillé à mort les auto-contrôles en repartant du niveau zéro ; et j'ai augmenté graduellement les difficultés. Parallèlement à ça, j'ai pris acte qu'elle nécessitait désormais peu ou prou le même niveau de défoulement physique qu'un adulte en pleine forme comme Mugen, et beaucoup d'objets à ronger pour s'occuper à la maison. Nous n'avions jamais eu un chien capable de dégommer les bois de cerfs aussi vite. Je lui prends désormais les plus grands que je puisse trouver.

 Finalement, nous avons récupéré le rappel et les capacités d'attention en quelques jours. Actuellement, nous travaillons toujours sur la situation la plus difficile : être calme pendant que Mugen fait de l'agility. Mais je suis très étonnée des progrès. En fait, elle est même encore meilleure qu'avant sur les autocontrôles, parce que là, elle a vraiment matière à bosser. Elle doit vraiment se déchirer et se donner du mal. Et c'est là qu'on voit qu'elle a parfaitement compris quoi faire.

Au début, j'ai été un peu embêtée, genre "crise d'ado, on est partis pour des mois de galère..." En fait, presque aussi rapidement que les difficultés sont apparues, elles ont disparu. Elles peuvent revenir, bien sûr, mais il semblerait que reprendre juste les bases sans jamais la braquer ou nous braquer, suffise amplement à récupérer la sauce, voire à passer au niveau supérieur.

J'en ai quand même parlé à Silvia, car je ne sais vraiment pas quoi penser de cette histoire de crise d'adolescence chez le chien. Les avis sont partagés : pour certains, ça n'existe pas, pour d'autres si. J'ai toujours vu mes chiens changer avec l'âge, mais ce n'était pas forcément vers le pire... Il me paraît évident que les hormones doivent jouer un rôle, mais dans quelle mesure, sur une chienne stérilisée avant même ses premières chaleurs ? Le côté hyper soudain de ce changement m'interpelle, en outre. Silvia, elle, a suivi Nawak quasi quotidiennement ces deux derniers mois. D'après elle, l'évolution est logique et aurait pu survenir aussi bien sur un chien de trois ans : Nawak et moi avons travaillé comme des malades pour construire du drive. Et c'est une réussite (d'ailleurs, je n'en reviens toujours pas !). Le prix à payer en est une régression des autocontrôles, régression temporaire si on fournit au chien les bons outils pour gérer. Espérons que ce soit le cas !

Cela dit, honnêtement, Nawak reste un jeune chien extrêmement facile à vivre et motivée pour le travail. Saison oblige, nous passons un temps fou en extérieur à nous balader et à nager ! Nawak adore nager. C'est un véritable petit poisson. On a aussi fait des sorties au marché, en ville, pour vérifier qu'elle n'avait toujours pas de souci avec tous ces trucs. Ben non. Toujours pas. Et en plus, elle adore frimer pour se faire flatter et récupérer de la bouffe auprès de tout le monde !





J'avais dit que je tiendrais au courant des avancées de la classe chiot avec Silvia. Donc, au cours de ce mois, on a continué à travailler sur différents exercices de la leçon 3, notamment sur le pee trick. Dans cette vidéo d'il y a 3 semaines, je commence à nommer chaque patte arrière :



Elle adore ce trick, nous l'utilisons beaucoup. J'ai nommé chacune des 4 pattes (pee, ola, patte, l'autre) histoire de me simplifier certains apprentissages.

Et voici les exercices de la leçon 4, en commençant par les 3 obligatoires.

1) "glued to the leg". Là-dessus, Nawak était déjà une pro sur les déplacements latéraux, et vers l'avan, mais, mais... nous n'avions encore jamais adressé la MAP en arrière ! Et Guillaume a immortalisé nos tous premiers pas ensemble vers l'arrière :)


Alors en fait, le montage vidéo est trompeur. Chronologiquement, j'ai commencé par lui apprendre à reculer en MAP entre mes jambes. Ceci parce que j'ai été confrontée à une difficulté technique : au début, quand je reculais la jambe à laquelle elle était collée, elle interprétait ça comme un signal pour pivoter vers l'autre jambe. Elle ne pensait pas à reculer. Vous voyez ce que je veux dire ? Alors, j'ai eu l'idée de lui apprendre d'abord à reculer entre mes jambes. Ca lui ôtait cette option de pivoter d'une jambe sur l'autre. Une fois qu'elle a vu le mouvement et qu'elle a enregistré ça comme une option possible, elle était tout à fait d'accord pour le faire ensuite à mon côté. Voilà, du coup, elle a maintenant de belles MAP dans ces 3 positions.

2) Side legs : l'évolution, comme annoncé, du pee trick. Pas vraiment de souci avec ça ; pour le moment, je n'ai pas effacé le support, on n'a jamais tenté de le faire "dans le vide" ; mais Nawak peut le faire sur des supports et dans des lieux variés.

3) Hug the pole : elle le connaissait déjà avant la classe, on l'a juste rafraîchi. C'ets un trick tout mignon, un des préférés de Fast aussi.



Les facultatifs sont :

4) "run fast" cue. Celui-ci, on l'a posé sur les rappels, la seule situation où elle bombait vraiment il y a encore peu de temps. Vous pouvez voir des rappels et le "allez allez" que je dis dans les premières vidéos de la classe, peut-être à ses 7 mois. Je crois qu'elle le comprend vraiment bien maintenant : parfois, ça m'arrive de lui dire quand on joue à la balle (elle ne ramène pas toujours la balle à fond), et elle accélère clairement. Mais je le fais vraiment peu, pour éviter de le ruiner.

5) One into another : j'ai peu de vidéo de celui-là alors que c'est celui sur lequel on a passé le plus de temps. Il a été assez compliqué à avoir, c'était parfois frustrant. Nawak a très vite identifié le critère "faire du bruit" et actuellement, elle pense toujours un peu que c'est une histoire de bruit. Elle a tendance à jeter l'objet de très haut, avec un important mouvement de tête, pour que ça tape fort. Le concept "poser dedans" reste assez flou. Depuis cette vidéo, nous avons donc généralisé à tous types possibles d'objets et de contenant. Et maintenant, pour aider Nawak à bien comprendre, j'utilise majoritairement des objets minuscules (des bouchons de bouteille en plastique par exemple) à mettre dans des contenants hauts et étroits, comme des verres. Elle s'en sort super bien ! Hier, j'ai commencé aussi à utiliser ma main comme contenant. Nawak continue un peu de jeter les objets avec enthousiasme, et elle vise bien, elle n'en est pas encore à déposer, mais ça viendra avec la pratique :)



6) absence. Celui-là, on en a besoin pour de vrai parce qu'on va passer le caesc bientot. La distance, ça va ; ce qui est dur pour elle, c'est quand je bouge à côté, spécialement quand elle est excitée soit par une idée de MAP, soit par une balle. Mais bon, ça va.








Voilà voilà pour les exercices de la puppy class. Après, on a aussi fait des cavalettis dans une échelle, en marche avant et marche arrière, et je suis toujours aussi contente de ses excellentes capacités proprioceptives. Elle est super adroite et agile. Pas de vidéos, par contre, mais si je le refais, il faudra que j'y pense.


Et !!! la grande nouveauté, c'est le début de la classe de running ! :)

Un mot sur mon ressenti tout d'abord. Désolée, je documente tout. J'ai eu un petit "choc" en entrant dans la classe de running. La puppy class, c'est génial, c'est bon enfant, hyper convivial. Il y a toutes sortes de chiens (bon, ok, surtout des Borders et des Shetlands) et toutes sortes d'humains (bon, ok, surtout des agilitistes). Il y a des chiens comme Nawak, bizarres, ou sans race, ou des géants qu'on n'attend pas forcément sur les tricks, et des gens dont c'est le premier chien, ou qui veulent un petit chiot éveillé et bien éduqué pour la vie de tous les jours.

La classe de running : c'est un autre univers. On est là pour taper dedans. Les gens, ou plutôt les handlers, déroulent leur palmarès de concours avec leurs 5 ou 6 chiens (tous champions) dès le premier post de présentation. Si le chien a plus d'un an, on a même souvent déjà son temps sur la passerelle (moins de 2 sec), accompagné de ses mensurations. Ils expliquent qu'ils veulent gagner du temps sur leurs contacts, qu'ils visent les championnats du monde, des trucs comme ça. Tous les chiens sont des Borders, Kelpies, Pyrénées ou Shetlands. Quelques rares cockers et caniches se baladent, mais dans ce cas, on prouve (ou au moins on essaie), vidéo à l'appui, que ce sont quand même des chiens qui envoient du lourd. Et moi, je suis arrivée en disant "Bonjour ! Je cherche plein de façons de me marrer avec mon rataillon de fourrière et le running, ça a l'air sympa..." Bref. J'avoue être un peu intimidée, mais ça a aussi un côté rassurant : j'ai l'habitude d'être inintéressante et je me sens plus à l'aise quand on ne fait pas attention à moi.

On a démarré et on s'en sort vraiment bien pour l'instant. Evidemment, on n'aura pas les passerelles en 1.4 secondes, mais je m'en fiche. Ca m'impressionne comme Nawak a vite capté le jeu, on a commencé il y a 2 semaines. Au début, on a rafraichi le shaping sur le tapis et le 4 in. Ensuite, on a commencé à faire des turns :



Et, truc de dingue : lundi, je me suis dit "elle a bien le mouvement maintenant, il est bon même à gauche. Je crois que le jouet pourrait l'accélérer".



Est ce que vous vous rendez compte ? Utiliser le jouet pour accélérer Nawak ? Genre, il y a deux mois, c'était presque de la science fiction de la faire travailler pour un jouet. Elle a accepté de jouer à la balle en dehors du jardin pour la première fois le 20 juin. Depuis, on l'a utilisée partout, y compris au club, en concours, dans l'eau, en balade... et j'en suis à l'utiliser dans le travail. A avoir la chienne qui court après sa balle après avoir entendu le click. C'est ouf. Sincèrement, si elle ne fait jamais une seule zone de sa vie, je m'en carre. Cette chienne, je l'adore, j'adore son parcours, j'adore les surprise qu'elle me fait, pour moi c'est une championne internationale de tout.

Ah oui, une dernière chose : vous ne trouvez pas qu'elle est GRANDE ? Parce que, récemment, ça m'a interpellée. Je l'ai mesurée de nouveau. Donc, oui, elle a bien refait une jolie petite poussée de croissance de derrière les fagots juste après sa grosse maladie. Elle mesure 44 cm maintenant. Pour 8.5 kg. A 10 mois, j'espère sincèrement qu'elle a terminé !
























mercredi 25 juillet 2018

Mini-rando du 25 juillet 2018



Ce matin, on est allés se balader avec Fast dans un coin où il y a énormément d'oiseaux sur les étangs.



Comme souvent ici, une cigogne rôde qui nous observe. Je prends ça pour un encouragement, et j'en ai bien besoin. Il est tôt mais il fait déjà chaud et les chaussures sont lourdes.




Presque à chaque fois que nous longeons un étang, Fast s'octroie la traditionnelle pause pour boire et patauger.




Ca lui donne un look vanille/chocolat bien à lui, avec parfois en prime le côté "meringue posée sur quatre cure-dents" quand il se trempe à fond les pattes et pas du tout le reste.

Nous nous dissimulons dans un énorme mûrier pour observer les oiseaux. L'étang est très vaste et abrite toutes sortes d'espèces. Je ne les connais pas toutes, mais je peux au moins nommer les hérons cendrés, hérons bihoreaux, aigrettes garzettes, foulques macroules (merci Margue !) et plusieurs canards différents (mais lesquels ?). En hiver, on voit ici beaucoup de cormorans, mais ils doivent migrer ensuite.













Les habitants de l'étang évoluent dans une cacophonie pas croyable. Avec Fast, immobiles et silencieux, on se sent au spectacle, nichés dans notre haie. C'est pour ça que je vais garder ces photos, elles n'ont pas d'intérêt objectif, mais elles me rappellent comment ça faisait, d'épier à travers les feuilles.






Ca revient souvent, cette sensation d'une scène, d'un décor de théâtre dressé pour un spectacle, quand on voit les étangs depuis une trouée végétale. J'aime aussi les reflets des feuilles dans l'eau.




La perspective ici m'a troublée : brun - jaune - vert - bleu, sans vraiment de profondeur. On aurait dit ces petites bouteilles souvenirs remplies de sables de différentes couleurs.




Fast préfère les sentes de forêt. Il demande à jouer, car, sous ses dignes dehors, il a gardé son âme de chiot.







Des génisses profitent d'un petit reste de fraîcheur matinale. Elles n'ont d'yeux que pour Fast, et je les comprends.



Ce panneau aiguise ma curiosité : j'espère, j'espère que nous rencontrerons le fay ! Dans un endroit qui s'appelle Joyeux, ça doit être possible quand même.






Point de fay en vue, mais nous profitons d'une halte au bord d'un autre magnifique étang pour partager une banane.



Et voici un petit gars bien impromptu, bien effronté de se chauffer ainsi sur le bitume de la petite route ! Et si c'était lui, le fay ?






Fast n'a aucune envie de se faire voler la vedette, et prend la pose, sur le thou du dernier étang. C'est déjà l'heure de rentrer se mettre au frais.

Le bon côté de la barrière




Je vis derrière des barrières. Pas des barrières vraiment clivantes ; ce sont de grandes claies de roseaux ; elles me permettent de voir mes semblables, et même de les toucher. Je peux étreindre et aimer un certain courageux, qui ne s'effraie pas des barreaux, qui vient contre parce qu'il m'aime. (Je l'aime aussi).

Parfois, je regrette que ces barrières ne soient pas étanches, opaques, blindées : si elles autorisent une certaine forme de contact, elles ne me protègent guère en contrepartie. Les caresses et les baisers des uns ne font pas toujours oublier le reste. Je regarde vivre les autres sans pouvoir en être, et le pourrais-je qu'ils ne le voudraient pas sans doute. Eux aussi me regardent vivre à travers : que se passerait-il s'ils pouvaient m'atteindre ? Je ne m'approche qu'en de rares occasions, j'ai bien trop peur qu'une main furtive se jette vers moi, m'agrippe, me plaque aux claies, et alors, et alors... Non : bien trop dangereux.

Souvent, je m'attriste d'être du mauvais côté de la barrière. Celui où il n'y a que moi. Le bon côté, c'est celui des autres. De mon grand amour mêlé aux anonymes et aux monstres.

Alors, mon ami de ce coté de la barrière vient me trouver. Il trotte aérien dans la brume sans un son, il lève vers mon visage son visage d'ombre aux yeux sombres fendus. Nous appartenons à ce côté de la barrière. Il est le bon côté, puisqu'il est le nôtre.